Souvenir d’un boomer++
Réhabilitons le Flunch ou comment ma mémoire a transformé MIAMI en Flunch
J’ai entre 10 et 15 ans. Nous sommes dans les années 70.
Le samedi après-midi, c’est immuable : les courses au Mammouth (l’ancêtre d’Auchan) puis le restaurant, au Flunch, et enfin le cinéma.
Et pas n’importe quels films : les grands classiques de Jean-Paul Belmondo. Peur sur la ville, Le Magnifique… La grande classe.
Mais avant ça, le Miami/Flunch.
Une grande salle bruyante et familiale. Des enfants qui courent partout. Des parents qui essaient de suivre. La queue avec nos plateaux dans les mains. Et, au bout : le fameux steak-frites.
À l’époque, c’était le bonheur.
Je ne suis pourtant plus jamais retourné dans ce genre d’endroit.
Pourquoi ?
Parce qu’à 18 ans, apparemment, il fallait devenir adulte.
On allait désormais dans de « vrais » restaurants. Ceux où l’on s’assoit et où quelqu’un vient vous servir. Le Flunch était devenu… trop populaire.
Et il y avait même une petite honte à dire qu’on aimait encore ça.
Avec le recul, je trouve ce snobisme assez drôle.
Et surtout un peu triste.
Parce qu’il aura fallu des années pour comprendre que ce que nous avions aimé enfants n’avait rien de honteux.
Le bruit, les plateaux, le steak-frites, les gamins qui courent, la sortie du cinéma…
C’était simplement un moment heureux.
Alors aujourd’hui, je propose officiellement de réhabiliter le Flunch.
Et, au passage, de réhabiliter tous ces petits bonheurs populaires dont on a cru devoir avoir honte en devenant grands.
© Thierry Abellan - thierry@abellan.info
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