Le petit geste qui sauve l’humanité (ou presque)

Salut, il faut qu’on parle ! Il faut qu’on se regarde dans le blanc des yeux parce que là, ça ne va plus du tout. Je parle de vous, piétons. Oui, vous, qui traversez devant moi alors que je suis au volant de mon carrosse en métal.

Je m'arrête. J'appuie sur le frein. Je vous laisse passer, galant comme un prince de la route. Et vous ? Rien. Pas un signe. Pas un battement de cil. Vous marchez avec cette assurance de celui qui pense que le monde lui appartient, le regard fixé sur votre téléphone ou dans le vague, comme si mon arrêt était une loi physique naturelle, une simple conséquence de la gravité.

C’est quoi votre problème ? Vous voulez voir le monde brûler ? Vous vous nourrissez du chaos ?

Pourtant, on a un contrat ! C’est un pacte social, un truc ancestral qu’on a signé entre automobilistes et piétons depuis… allez, depuis l’invention du klaxon, au bas mot. Le deal est simple : je sacrifie ma progression, mon élan et mes précieuses secondes de vie pour vous laisser la priorité, et en échange, vous m’offrez "LE GESTE".

Vous savez, ce petit truc : le petit signe de la main, ou ce mouvement de tête rapide avec les lèvres pincées, ce « coucou » silencieux qui dit « merci de ne pas m’avoir écrasé, brave citoyen ». C’est ça, la cohésion nationale ! C’est ça qui empêche la société de basculer dans la barbarie pure.

Ne me sortez pas vos arguments juridiques à deux balles du type : « Mais légalement, la voiture DOIT s’arrêter, donc je n’ai pas à dire merci ». Non ! Arrêtez tout de suite. Si je vais chez le boulanger et que je donne mes 1,10€ pour ma baguette, légalement, elle est à moi. Est-ce que pour autant je dis au boulanger : « Tiens, encore heureux que tu me la donnes, espèce de trouduc » ? Non, je dis « Merci, bonne journée ! ».

C’est pareil pour les motos. Quand on les laisse passer, ils font le petit chassé avec le pied. C’est chic, c’est urbain, ça tisse du lien. On est dans la même galère, les gars ! Les temps sont durs, l’essence est chère, la vie est stressante. Si on ne s'entraide pas avec un petit signe de la main, on devient quoi ? Des robots ? Des sauvages ?

Alors, s’il vous plaît, demain, faites un effort. Un petit mouvement, un regard complice. Je compte sur vous pour sauver ce qu’il nous reste de civilité.

Faites le geste, bordel. On est ensemble.




© Thierry Abellan - thierry@abellan.info


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Faites tourner


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(En d'autres termes: Suffit de demander gentiment)