Parlons sérieusement.
« La photographie constitue un vecteur fondamental de résilience dans les processus de reconstruction identitaire… »
Bon.
Moi, quand je lis ça, j’ai parfois envie de poser mon appareil et de partir faire des crêpes.
Doucement ! Je n’ai rien contre les grands mots. Ils ont certainement leur utilité. Et je suis même capable, à l’occasion, d’en aligner quelques-uns pour donner l’impression que je sais exactement où je vais.
Mais parfois, une photo est simplement une photo. Il n’est pas nécessaire de convoquer toute la philosophie occidentale pour déchiffrer ce qui se passe devant un objectif, ou expliquer l’émotion qu’elle peut susciter.
Il y a aussi ces mots que je croise régulièrement dans les textes d’exposition.
« Vernaculaire », par exemple.
En gros, c’est un grand mot pour désigner les photos du quotidien, de tous les jours, comme les photos de famille ou les clichés amateurs.
La photographie peut être une œuvre d’art, un document, un témoignage, une recherche, une expérience sociale… un moment partagé, une photo qui fait du bien, ou juste être esthétique.
On peut toujours tout intellectualiser.
De mon coté je continuerai à parler de photographie sérieusement. Mais j’essaierai de laisser le « vecteur fondamental de résilience » et le « vernaculaire » au vestiaire.
On parle sérieusement, sans se prendre au sérieux.
© Thierry Abellan - thierry@abellan.info
--
Faites tourner
⬇
