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Nous sommes sur la route, 1h30 de trajet devant nous, et pour passer le temps, mon chauffeur me demande s’il peut mettre la radio. La musique, c’est toute sa vie. Étant de nature conciliante, je dis "Ok".
- « J’écoute beaucoup Radio Nostalgie, il y a de tout, et pour tous les goûts » me dit-il. Aïe, mauvaise pioche. Mais pour si peu de temps, je vais tenir le coup. Et là, très vite, l’autre glandu derrière son micro annonce une SPÉCIALE ANNÉES 80. Nous tenons là un sujet de conversation. Étant à peu près du même âge, ces années-là, ça nous parle ! On va éviter les sujets qui fâchent, comme la politique – Tonton reste un terrain miné – et on se concentre sur ce que, selon lui, tout le monde aime : les chansons de cette décennie. Je reste poli.
Le volume monte, les refrains défilent, et il ne faut pas longtemps pour que mon chauffeur, tout à son enthousiasme, commence à fredonner. Il ne fait pas qu’écouter : il connaît les paroles par cœur. Chaque morceau le met en joie. Il s’enjaille comme jamais. Il se croit dans un karaoké, ma parole ! Heureusement qu’il est assis, sinon j’aurais droit aux chorés qui vont avec !
J’ai eu droit à toute la clique :
Des femmes libérées qui voulaient aller danser avec Lili au Macumba. Des partenaires particuliers en rouge et noir, et plus près des étoiles. D’autres qui n’avaient besoin de rien, mais envie de moi, pour une nuit de folie. Un qui avait cassé la voix mais jouait du piano debout. Des burnes qui ne comptaient pas pour des prunes. Max qui était libre. Un qui préférait l’amour en mer. Et autres Goldmaneries toutes aussi vomitives.
Sacré programme.
Ah oui, j’oublie toutes les Sardouillades aussi, car j’en jaunit à l’idée (malheureusement, ceux qui nous les broutaient dans les années 60 et 70 ont squatté aussi les années 80). Fatigue.
Je ferais également l’impasse sur toute la soupe internationale. Je me fâcherais avec trop de monde.
En moi-même, je me suis dit : heureusement que certains ont eu la décence de ne faire qu’un passage éclair.
Quand je parle des années 80 avec certaines personnes, j’ai l’impression de ne pas avoir vécu sur la même planète. Ce sont MES années. J’avais 20 ans et toutes mes dents. On pogotait sur les Bérus, OTH, les Sheriffs, les Wampas, les Négresses, Ludwig, la Souris et bien d’autres joyeusetés sautillantes et endiablées.
Loin de moi l’idée de juger mon chauffeur, car, comme le disent souvent mes amis, je suis un peu sectaire musicalement parlant, et je ne veux pas me la raconter en jouant les vieilles rockailles sur le retour. Mais BORDEL, il n’y avait pas que votre merde dans cette décennie, alors par pitié : ne me volez pas mes années 80 !
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